Quant à vous qui m’avez acquitté, j’aurais plaisir à causer avec vous de ce qui vient de se passer, pendant que les magistrats sont occupés[28] et en attendant qu’on m’emmène où je dois mourir. — Assurément. Je vous annonce donc, à vous qui m’avez fait mourir, que vous aurez à subir, dès que j’aurai cessé de vivre, un châtiment bien plus dur, par Zeus, que celui que vous m’avez infligé. Peut-être accepteriez-vous. d Maintenant, ne considérons-nous pas les démons comme des dieux ou comme des enfants des dieux ? Et c’est à dessein, selon toi, que j’agis ainsi ! En – 404, la Guerre du Péloponnèse s'achève par une défaite catastrophique d'Athènes et la victoire de Sparte. Sans doute, il fallait qu’il en fût ainsi et je pense que les choses sont ce qu’elles doivent être. La peine requise contre lui était la mort. 28 Cela établi, Athéniens, je ne crois pas avoir besoin de démontrer plus longuement que l’accusation de Mélétos ne repose sur rien. La défense se déroule en trois parties, toutes en lien direct avec la mort. j’ai conscience, moi, que je ne suis savant ni peu ni beaucoup. Ces juges sont capables de former des jeunes gens et de les rendre meilleurs ? En vain, les orateurs se disaient prêts à porter plainte contre moi, à me faire arrêter, et vous les y invitiez par vos cris ; j’estimais, moi, que mon devoir était de braver le danger avec la loi c et la justice, plutôt que de m’associer à vous dans votre volonté d’injustice, par crainte de la prison ou de la mort. Veuillez donc bien demeurer quelques instants encore auprès de moi. Un tel vainqueur vous procure une satisfaction d’apparence ; moi, e je vous en apporte une qui est réelle. Page 1 sur 104 « … on considère la justice comme la plus parfaite des vertus, et ni l’étoile du soir, ni l’étoile du matin ne sont aussi admirables. Comment le pourraient-ils ? Peut-être cette pensée l’indisposerait-elle contre moi, et alors, irrité de ma conduite, son vote serait un vote de colère. Et, en fait, cela n’est pas sans agrément. Témoignage unique, d’où l’on conclut que l’on vendait en certaines occasions des manuscrits dans l’orchestra, partie du théâtre qui se trouvait devant la scène. Et, manifestement, s’il a nommé Socrate, c’est qu’il se servait de mon nom pour me prendre comme exemple. Le Cinquième siècle athénien commence comme le Le Siècle de Périclès avec Eschyle, avec les batailles de Marathon ou de Salamine telle qu'elles est décrite dans Les Perses, et se termine avec Euripide, les Sophistes, Socrate, le « taon » d'Athènes, et Aristophane, le pourfendeur de Socrate et d'Euripide. Impossible, en effet, de faire comparaître ici aucun d’eux ni de le réfuter. Mais, franchement. pour m’être convaincu qu’avec mes scrupules c je me perdrais si j’entrais dans cette voie ? Ah ! Socrate démontre qu’on lui reproche à la fois d’être croyant et incroyant. Compte et listes Compte Retours et Commandes. — Regarde ici, Socrate, ce sont ces juges. La seule chose qu’il vous faille considérer, — et cela très scrupuleusement, — c’est si mes allégations sont justes ou non. Dans l’Apologie de Socrate (Πλάτωνος Ἀπολογία Σωκράτους, sous-titrée Genre éthique) Platon rapporte les plaidoyers de Socrate lors de son procès en 399 avant J.-C. à Athènes qui déboucha sur sa condamnation à mort.Cette défense se déroule en trois parties, ayant toutes un lien direct avec la mort. » N’est-ce pas là une simple plaisanterie ? De même, il me paraît juste, — et c’est ce que je sollicite, — que vous me laissiez m’exprimer à ma façon. La loi athénienne autorisait l’accusé à interroger lui-même son accusateur et faisait obligation à celui-ci de répondre aux questions qui lui étaient posées. Dans cette apologie, Socrate fait son portrait en mettant à jour ses actions, leur causes, ses raisons d’être… 2) Conscience morale - « une vie sans examen n’est pas une vie » Socrate affirme que la valeur de la vie humaine réside dans l’exigence de la vertu. Cette défense se déroule en trois parties, ayant toutes un lien direct avec la mort. stream Car j’avais conscience d que je ne savais à peu près rien et j’étais sûr de trouver en eux des hommes qui savaient beaucoup de belles choses. Oh, pas le moins du monde par bravade, e Athéniens, ni pour vous témoigner du mépris. certes, ce serait un grand bonheur pour les jeunes gens, s’il était vrai qu’un seul homme les corrompt et que tous les autres leur font du bien. b Crois-tu que tout le monde est en état de les dresser, et qu’un seul les gâte ? Et ce serait auprès de moi que les jeunes gens viendraient s’en instruire, lorsqu’ils peuvent, à l’occasion, acheter ces livres dans l’orchestra[11], pour une drachme e tout au plus, et ensuite se moquer de Socrate, s’il donnait pour siennes ces idées ; d’autant plus qu’elles ne sont pas ordinaires. Qu’est-ce en effet, juges, que craindre la mort, sinon s’attribuer un savoir qu’on n’a point ? Quant à moi, je voudrais mourir plusieurs fois, b si cela est vrai. Tu as découvert, comme tu le déclares toi-même, celui qui les corrompt : c’est moi ; et voilà pourquoi tu me traduis ici comme accusé. N’ayant pas trouvé de meilleur découpage, nous nous contenterons de le suivre. Mais voici l’heure de nous en aller, moi pour mourir, vous pour vivre. Ainsi donc, tu déclares que je crois à la puissance des démons et que j’enseigne leur existence, que ce soient d’ailleurs des démons anciens ou nouveaux. Remontant donc à l’origine, examinons de quelle accusation au juste est issue cette calomnie dont Mélétos b s’est armé pour m’intenter ce procès. Dis-moi, celui qu’il nous faut existe-t-il, oui ou non ? Voici donc, Athéniens, que, faute d’un peu de patience de votre part, ceux qui cherchent à décrier notre ville vont vous accuser et vous diffamer comme ayant mis à mort Socrate, renommé pour sa science. Le lecteur sait sans doute déjà qu’il s’agit du procès d’un philosophe appelé Socrate, traduit en justice devant le peuple d’Athènes, et en connaît aussi probablement l’issue : la condamnation à mort1. Si vous faites cela, vous serez justes 42 envers moi et envers mes fils. — Oui, certes, répondit-il. Cela dit, Athéniens, me voici obligé de commencer à plaider. s’il m’en revenait quelque profit, si je vous donnais ces conseils moyennant salaire, ma conduite s’expliquerait. Telle fut, Athéniens, l’enquête qui m’a fait tant d’ennemis, des ennemis très passionnés, 23 très malfaisants, qui ont propagé tant de calomnies et m’ont fait ce renom de savant. 4 0 obj ». Je voudrais certes y réussir, si cela toutefois est bon pour vous et pour moi, et me justifier avec succès ; mais j’en sens la difficulté et je ne me dissimule rien de ce qui est. 19 Il me faut essayer de détruire dans vos esprits une vieille calomnie qui s’y est enracinée ; et je n’ai, pour le faire, que bien peu de temps. Qu’y a-t-il donc d’approprié à un bienfaiteur pauvre, qui a besoin de loisir pour vous exhorter ? Sélection de 6 citations et proverbes sur le thème Apologie de Socrate Découvrez un dicton, une parole, un bon mot, un proverbe, une citation ou phrase Apologie de Socrate issus de … À quoi dois-je l’attribuer ? Événos, de Paros, sophiste et poète élégiaque du, Sur Chéréphon et son caractère, voir Platon (. Ou bien, à supposer qu’ils ne voulussent pas le faire eux-mêmes, quelques membres de leurs familles, pères, frères, ou autres parents, si j’avais fait du mal à leurs proches, ne manqueraient pas de s’en souvenir et d’en demander réparation. APOLOGIE DE SOCRATE GROUPE N°13 TOPO DE L’OEUVRE : Ecrite durant la jeunesse de Platon, l’apologie de Socrate relate le procès de son maître, homme le plus sage d‘Athènes d‘après la Pythie. Socrate demande avant tout à son auditoire de le pardonner de ne pas s’exprimer selon les usages (17a – 18a). Donc, ou bien je ne suis pas un corrupteur, ou bien, si je corromps quelqu’un, c’est involontairement. Peut-être bien pourrais-je payer une mine d’argent. D’ailleurs, à part la question de dignité, il ne me paraît pas qu’il soit juste c de prier des juges, d’arracher par des prières un acquittement qui doit être obtenu par l’exposé des faits et la persuasion. — Non, juges, il ne les reconnaît pas pour tels ; il affirme que le soleil est une pierre et que la lune est une terre. combien j’aime mieux mourir après une telle défense que de vivre à pareil prix ! 2 0 obj %PDF-1.5 C’est là, en somme, Athéniens, l’exacte vérité. Or, la Pythie lui répondit que nul n’était plus savant. Il me semble, en somme, que je suis tant soit peu plus savant que lui, en ceci du moins que je ne crois pas savoir ce que je ne sais pas. « Voyons un peu, s’est-il dit, si le savant qu’est Socrate s’apercevra que je plaisante et que je me contredis moi-même, ou si je l’attrapperai et, avec lui, nos auditeurs. Notice sur l’Apologie de Socrate Socrate était parvenu à l’âge de soixante-dix ans lorsqu’il fut accusé par Mélètos, Anytos et Lycon de ne pas reconnaître les dieux de l’État, d’introduire de nouvelles divinités et de corrompre la jeunesse. En conséquence, nous ne devons pas plus vous accoutumer au parjure que vous ne devez vous y accoutumer vous-mêmes ; nous offenserions les dieux, les uns et les autres. Eh bien, je vous propose cette somme : vous aurez en eux des garants dignes de toute confiance. — À dessein, certes. En tout cas, vous pouvez vous convaincre que je suis bien, moi, un homme donné à la ville par la divinité : b demandez vous s’il est humainement possible de négliger, comme moi, tous ses intérêts personnels, d’en supporter les conséquences depuis tant d’années déjà, et cela pour s’occuper uniquement de vous, en prenant auprès de chacun le rôle d’un père ou d’un frère aîné, en le pressant de s’appliquer à devenir meilleur. Et si je dis, d’autre part, que c’est peut-être le plus grand des biens pour un homme que de s’entretenir tous les jours soit de la vertu, soit des autres sujets dont vous m’entendez parler, lorsque j’examine les autres et moi-même, et si j’ajoute qu’une vie sans examen ne mérite pas d’être vécue, vous me croirez bien moins encore. Voilà comment Mélétos et Anytos et Lycon se sont jetés sur moi, Mélétos prenant à son compte la haine des poètes, Anytos celle des artisans et des hommes politiques, Lycon celle des orateurs. lorsque les chefs élus par vous m’assignaient un poste, à Potidée, à Amphipolis, à Délion[15], je restais aussi ferme que pas un à l’endroit désigné, en risquant la mort ; et quand un dieu m’avait assigné pour tâche, comme je le croyais, comme je l’avais admis, de vivre en philosophant, en scrutant et moi-même et les autres, moi, par peur de la mort, ou par une crainte quelconque, 29 j’aurais déserté ! Elle sera ce qu’elle sera, plus ou moins bonne. Finissons-en ici avec les inventions de mes premiers accusateurs : ce que j’en ai dit doit vous suffire. La loi exigeait que les accusés fussent jugés séparément. C’est l’intérêt des Athéniens qui est en cause, non celui de Socrate. Oh ! Eschine, dit le Socratique, qu’il ne faut pas confondre avec l’orateur du même nom. Il a juré, non de favoriser capricieusement tel ou tel, mais de juger selon les lois. Cela fait, je prends congé d’eux. Ah ! Et quand il me semble qu’il ne l’est pas, c’est pour donner raison au dieu que je mets en lumière son ignorance. x��V�jA����Ft2s�D�VEAhM���E�1 �n"�#�(����v��IW--fv�w��?4���O���ޜ�|��^��ыq�7|�HY���{�$�ik����ƫ~O�|���~�%���3����f��m-�����?@rr�q�t��A����. Jeune comme tu l’es, me surpasses-tu tellement en expérience, moi qui suis âgé ? De mon côté, je n’ai pas l’habitude de me juger digne d’une peine quelconque. Non, mon cher, non. Prime Panier. Les prytanes formaient le comité permanent du Conseil, et c’était parmi eux, au temps de Socrate, qu’était pris le président de l’assemblée. Enquêteurs d’autant plus importuns qu’ils sont plus jeunes. Vous allez voir que je ne suis pas homme à rien concéder injustement par peur de la mort ; et vous verrez aussi qu’en ne cédant jamais, je me perdrais infailliblement. » d Cette condition-là, juges, si pour m’acquitter vous vouliez me l’imposer, je vous dirais : « Athéniens, je vous sais gré et je vous aime ; mais j’obéirai au dieu plutôt qu’à vous ; et, tant que j’aurai un souffle de vie, tant que j’en serai capable, soyez sûrs que je ne cesserai pas de philosopher, de vous exhorter, de faire la leçon à qui de vous je rencontrerai. L’Apologie de Socrate, probablement rédigée entre 392 et 387 av. Oui, s’il peut citer un seul témoin de ce genre, qu’il le nomme. Cette science-là, il se peut que je la possède ; tandis que ceux dont je viens de parler en ont une autre, e qui est sans doute plus qu’humaine ; sinon, je ne sais qu’en dire ; car, moi, je ne la possède pas, et si quelqu’un me l’attribue, il ment et cherche à me calomnier. Nécessairement, quelques-uns d’entre eux, ayant mûri, auraient reconnu que je leur avais donné de mauvais conseils dans leur jeunesse, et aujourd’hui ils se présenteraient ici pour m’accuser, pour me faire punir. — Ils le sont tous ! Elle fut jouée … Car, si je compte bien, il eût suffi d’un déplacement de trente voix pour que je fusse acquitté. Quoi ? Il prétend donc que je suis coupable de corrompre les jeunes gens. Pour moi, en les entendant, peu s'en est fallu que je ne me méconnusse moi-même, tant ils ont parlé d'une manière persuasive; et cependant, à parler franchement, ils n'ont pas dit un mot qui soit véritable. Je l’interrogeais, — vous savez qu’il a deux fils : — « Callias, lui disais-je, si, au lieu de deux fils, tu avais à élever deux poulains ou deux veaux, nous saurions fort bien à qui les confier et qui charger, moyennant salaire, b de développer en eux tout ce que leur nature comporte. Mais ce sont des hommes. Il explique qu’il ne craint pas la mort – craindre la mort, c’est ne pas être sage, car c’est prétendre connaître la mort – et qu’il continuera à agir de la même façon tant qu’il sera vivant. Autre question, Mélétos : dis-moi, au nom de Zeus, s’il vaut mieux vivre avec d’honnêtes gens ou avec des malfaiteurs… Allons, mon ami, réponds-moi ; je ne te demande rien d’embarrassant. Et maintenant, dites-moi : pensez-vous que j’aurais vécu cette longue vie, si j’avais fait de la politique et si, en honnête homme, j’avais pris la défense de la justice, décidé, comme on doit l’être, à la mettre au-dessus de tout ? Et nul autre n’y aurait réussi mieux que moi. Quelle sorte de science ? Je m’étonne plutôt de la proportion selon laquelle les voix se sont réparties. Car, évidemment, si je vous persuadais à force de prières, si je faisais violence à votre serment, je vous enseignerais à croire qu’il n’y a pas de dieux ; me défendre ainsi, ce serait m’accuser clairement moi-même de ne pas croire en eux. d Qu’ai-je mérité, je le demande, pour m’être ainsi conduit ? Et, peut-être bien, aurais-je payé cela de ma vie, si le gouvernement des Trente n’eût été renversé à bref délai. Cela prouve justement que je dis vrai, que c’est bien là effectivement la calomnie qui pèse sur moi et que telles en sont les origines. Non, Mélétos, cela, tu ne le feras croire ni à moi, ni, je pense, à personne au monde. Toutefois, explique-nous, Mélétos, de quelle façon tu prétends que je corromps les jeunes gens. Si toutefois j’avais de l’argent, je proposerais de payer telle amende que je serais en état d’acquitter ; car cela ne me ferait aucun mal. Mais, en vérité, Athéniens, je n’ai pas la moindre notion de tout cela. Quelle vie honorable, pour un homme de mon âge, que de quitter mon pays, de passer sans cesse d’une ville dans une autre et d’être chassé de partout ! J’ai tout lieu de croire que vous y trouverez profit. Dans l’Apologie de Socrate (Πλάτωνος Ἀπολογία Σωκράτους, sous-titrée Genre éthique) Platon rapporte les plaidoyers de Socrate lors de son procès en 399 avant J.-C. à Athènes qui déboucha sur sa condamnation à mort. En lisant les premières lignes de l’Apologie de Socrate, aujourd’hui encore, nous sommes projetés au sein d’un événement dont il semble qu’il ait réellement eu lieu, à Athènes, en Grèce, en 399 avant J.-C. Combien d’autres encore je pourrais nommer ! D’autant plus qu’à tout prendre, on ne risque pas dans ce milieu d’être mis à mort pour cela. Non, en vérité, rien de tout ceci n’est sérieux. Ce que je sais, au contraire, c’est qu’il est mauvais et honteux de faire le mal, de désobéir à un meilleur que soi, dieu ou homme. Et maintenant, Athéniens, n’allez pas m’interrompre ; continuez, comme je vous l’ai demandé, à ne pas vous récrier, quoi que je dise, et veuillez m’écouter. Je n’ai jamais exercé parmi vous. Apologie de Socrate. Mais, parmi tant d’inventions, voici ce qui m’a le plus étonné : c’est qu’ils vous aient prévenus d’être sur vos gardes et de ne pas vous laisser tromper par moi, en me représentant comme un discoureur habile. b En effet, nombreux sont ceux qui m’ont accusé auprès de vous anciennement, il y a bien des années déjà, sans rien dire de vrai. Eh bien, je m’en tiens à mon estimation, comme eux à la leur. Cette confiance à l’égard de la mort, juges, vous devez l’éprouver comme moi, si vous prenez conscience seulement de cette vérité, d qu’il n’y a pas de mal possible pour l’homme de bien, ni dans cette vie, ni au delà, et que les dieux ne sont pas indifférents à son sort. Et je répondais à l’oracle ainsi qu’à moi-même qu’il valait mieux pour moi être tel que j’étais. Non, le juge ne siège pas pour faire de la justice une faveur, mais pour décider ce qui est juste. �8��`��ؖ��� iZ2� Et alors, j’essayais de lui démontrer qu’en se croyant savant il ne l’était pas. En peu de temps donc, voici ce que je fus amené à constater pour les poètes aussi : leurs créations étaient dues, non à leur savoir, mais à un don naturel, à une inspiration divine c analogue à celle des prophètes et des devins. L’explication en est donnée dans le. On me dira peut-être : « Quoi, Socrate ? » — Là-dessus, je pensai que cet Événos était un homme privilégié, si vraiment il possède cet art c et l’enseigne à des conditions si modérées. Et alors, dis-moi, ceux-ci, qui nous écoutent, 25 peuvent-ils aussi les rendre meilleurs, oui ou non ? Jeune ou vieux, quel que soit celui que j’aurai rencontré, étranger ou concitoyen, c’est ainsi que j’agirai avec lui ; et surtout avec vous, mes concitoyens, puisque vous me tenez de plus près par le sang. Chacune des dix tribus, représentée dans le Conseil des Cinq cents par cinquante membres, exerçait à tour de rôle la prytanie. — Mais, c’est Anaxagore que tu crois accuser, mon cher Mélétos ! Discussion des diverses peines possibles. Si je vous dis que ce serait désobéir au dieu et que, par conséquent, je ne peux pas m’abstenir, vous ne me croirez pas, vous penserez que je parle ironiquement. Qu’est-ce donc ? De tels ordres étaient souvent donnés par eux à beaucoup d’autres ; car ils voulaient associer à leurs crimes le plus de citoyens possible. 24 Aussi serais-je surpris, comme je le disais en commençant, si je parvenais à détruire chez vous en si peu de temps une calomnie qui s’est ainsi amassée. 40 Je voudrais vous exposer, comme à des amis, comment j’interprète ce qui m’arrive. Je dois admettre que tu en conviens, puisque tu ne réponds pas. D’où vient que, prodiguant ainsi mes conseils çà et là à chacun en particulier et me mêlant un peu de tout, je n’ose pas agir publiquement, parler au peuple ni donner des conseils à la ville ? Ici, juges, j’ose à peine vous dire la vérité. Vous reconnaîtrez ainsi que tout ce qu’on débite communément sur mon compte est de même valeur. Qui est habile à développer les qualités propres à l’homme et au citoyen ? — Quel service tu me rends, en me répondant cette fois, même à contre-cœur et parce que ces juges t’y obligent. Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome I.djvu, Platon - Œuvres complètes, Les Belles Lettres, tome I.djvu/7. Si je les éloigne, ce seront eux qui me chasseront en persuadant leurs concitoyens plus âgés ; et si je ne les éloigne pas, e ce seront leurs pères et leurs proches, à cause d’eux[25]. Aussi ce pouvoir, si fort qu’il fût, ne réussit-il pas à m’extorquer par crainte un acte injuste. Un des avantages que ceux de là-bas ont sur nous, c’est d’être désormais immortels, du moins si ce qu’on dit est vrai. Cela étant, ce n’est pas moi, comme on pourrait le croire, que je défends en ce moment ; tant s’en faut. Qu’il ne m’arrive ce que propose Mélétos ? » Penses-tu qu’il ait eu souci, lui, de la mort et du danger ? Car il y a tout lieu de croire qu’ainsi éclairé je ne ferai plus ce que je fais sans le vouloir. 35 C’est une opinion reçue que Socrate se distingue par quelque chose de la plupart des hommes. 32Oui, si quelqu’un entend combattre vraiment pour la justice, et si l’on veut néanmoins qu’il conserve la vie un peu de temps, il est nécessaire qu’il reste simple particulier, qu’il ne soit pas homme public. À ton compte, on estimerait peu ces demi-dieux qui sont morts c devant Troie, notamment le fils de Thétis, pour qui le danger était si peu de chose, comparé au déshonneur. Tout citoyen pouvait en accuser un autre dans l’intérêt commun ; mais il était alors obligé moralement de montrer qu’il avait qualité pour le faire. J.-C. à Athènes. Il est vrai que ceux b qui sont corrompus pourraient avoir quelque motif de me prêter appui. Maintenant, il propose qu’on me condamne à mort. Évidemment, ce que je mérite. Mais aujourd’hui, au cours de l’affaire, pas un instant elle ne m’a empêché de faire ou de dire quoi que ce soit. » c C’est cela, ou peu s’en faut. Or, rien n’est plus vrai, sachez-le bien. ne vous fâchez pas de m’entendre dire des vérités : il n’est aucun homme qui puisse éviter de périr, pour peu qu’il s’oppose généreusement soit à vous, soit à toute autre assemblée populaire, et qu’il s’attache à empêcher dans sa cité les injustices et les illégalités. Cette manière de se débarrasser des censeurs, entendez-le bien, n’est ni très efficace ni honorable. e. Je ne leur demande pourtant qu’une seule chose : quand mes enfants auront grandi, Athéniens, punissez-les, en les tourmentant comme je vous tourmentais, pour peu qu’ils vous paraissent se soucier de l’argent ou de n’importe quoi plus que de la vertu. c’est bien là ce qui eût été mal, et c’est alors qu’on m’aurait justement traduit en justice et accusé de ne pas croire aux dieux, puisque j’aurais désobéi à l’oracle de peur de mourir, croyant savoir ce que je ne savais pas ! Je viens de vous dire que je ne sais pas si c’est un bien ou un mal. Oui, ceci en est pour moi une preuve décisive. Je continuai néanmoins, tout en comprenant, non sans regret ni inquiétude, que je me faisais des ennemis ; mais je me croyais obligé de mettre au-dessus de tout le service du dieu. Je vous le déclare : si vous me condamnez à mort, étant ce que je suis, ce n’est pas à moi que vous ferez le plus de tort, c’est à vous-mêmes. — À aucun, par Zeus, à aucun absolument. Y a-t-il quelqu’un qui ne croie pas aux chevaux, tout en croyant à l’équitation ? Eh bien, ni ce matin, quand je sortais de chez moi, b la voix divine ne m’a retenu, ni à l’instant où je montais au tribunal, ni pendant que je parlais, en prévenant ce que j’allais dire. Ce que j’en ai dit suffit. Autre hypothèse : si les démons sont des enfants bâtards des dieux, nés des nymphes ou d’autres mères[13], comme on le rapporte, qui donc admettrait qu’il existe des enfants des dieux, mais qu’il n’y a pas de dieux ? Ou plutôt, ne résulte-t-il pas du texte même de ta plainte que c’est en leur enseignant à ne pas croire aux dieux auxquels croit la cité, mais à d’autres, à des dieux nouveaux ? Il y a une chose que je ne comprends pas bien : admets-tu que j’enseigne l’existence de certains dieux, — en ce cas, croyant moi-même à des dieux, je ne suis en aucune façon un athée, et à cet égard je suis hors de cause, — mais prétends-tu seulement que mes dieux ne sont pas ceux de la cité, que ce sont d’autres dieux, et est-ce de cela que tu me fais grief ? — Peut-être, il est vrai, quelques-uns vont-ils s’imaginer que je plaisante. d Aucun homme de valeur, à mon avis, ne peut être lésé par qui ne le vaut pas. Et ils vous irriteront davantage. Je les quittai alors, pensant que j’avais sur eux le même avantage que sur les hommes d’État. Comparer mon sort au leur ne serait pas pour moi sans douceur, je pense ; et j’aimerais surtout à examiner ceux de là-bas tout à loisir, à les interroger, comme je faisais ici, pour découvrir qui d’entre eux est savant, et qui croit l’être, tout en ne l’étant pas. — Ainsi, tous les Athéniens, à ce qu’il paraît, peuvent former les jeunes gens, tous, excepté moi. Admettez qu’en 41 arrivant chez Hadès, on sera débarrassé de ces gens qui prétendent être des juges et qu’on y trouvera les juges véritables, ceux qui, dit-on, rendent là-bas la justice, Minos, Rhadamanthe, Éaque, Triptolème, avec ceux des demi-dieux qui ont été des justes quand ils vivaient ; pensez-vous que le voyage n’en vaudrait pas la peine ? b Cherchez-les maintenant ou plus tard, voilà ce que vous trouverez. Quoi ! Mon avertissement coutumier, celui de l’esprit divin, se faisait entendre à moi très fréquemment jusqu’à ce jour et me retenait, même à propos d’actions de peu d’importance, au moment où j’allais faire ce qui n’était pas bon. Mais, vraiment, il faudrait que j’eusse un grand amour de la vie, Athéniens, si j’étais assez inconsidéré pour ne pas faire cette réflexion : vous, qui êtes mes concitoyens, vous n’avez pas pu supporter mes entretiens ni mes propos ; ils vous ont tellement importunés, d tellement irrités que vous cherchez maintenant à vous en délivrer ; d’autres les supporteront-ils plus facilement ?
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