Il s'appuie sur l'œuvre anthropologique de Varron : les Antiquités des choses humaines et divines, œuvre primordiale dans la théologie romaine, et sur sa division en théologie mythique (des poètes), théologie naturelle (des philosophes) et théologie civile (du peuple). 22 Voir G. P. O’Daly, Augustine’s City of God, op. », Essais, 11 | 2017, 17-28. Pour réfuter cette opinion, Augustin use de deux arguments. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Il commence à formuler une thèse annonçant celle des deux cités dans le Traité du libre Arbitre rédigé en 387-388[1]. Bien sûr, la résurrection corporelle du Christ, centre de la foi chrétienne, est un élément central de l’argumentation. La pierre d'achoppement est l'impossibilité affirmée par eux que Dieu, le Souverain Bien, puisse se communiquer aux hommes. Mais, en réalité, tout cet effort n’est pas identitaire car la Cité de Dieu, aboutissement de cette histoire, transcende la communauté de l’Église et cette histoire transcende toute histoire particulière. C’est le sens des prophéties qu’on peut trouver dans les livres des Prophètes mais aussi plus largement dans les textes poétiques et sapientiaux de la Bible (c’est le livre XVI). Celle-ci, nous représente ses citoyens unis dans la charité, serviteurs mutuels les uns des autres, gouvernants tutélaires, sujets obéissants. 5 Saint Augustin, La Cité de Dieu, X, xxxii, 4 ; XI, i, XVIII, i… : « exortus et procursus [excursus] et debiti fines » cité, comme dans la suite de l’article, selon l’édition de la Bibliothèque Augustinienne (Œuvres de saint Augustin, cinquième série, n° 33-37, Desclée de Brouwer, 1959-1960). Un autre enjeu est la dénonciation de la divinisation des grands hommes de l’Antiquité, comme Romulus, déjà opérée dans plusieurs livres. Tout au long de cette œuvre, Augustin envisage deux cités, l'une terrestre, l'autre céleste : « Deux amours ont donc bâti deux cités : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, la cité de la Terre, l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi, la cité de Dieu. Augustin continue à aborder la question des anges : la béatitude de Dieu est le plus grand bien des anges, et Dieu a bien créé les anges déchus, étant l'auteur de toute la création. 19 Voir Hervé Inglebert, op. Philippe Cournault, « La Cité de Dieu de Saint Augustin : une histoire identitaire en réponse à un trouble politique ? Ce que désigne Augustin en parlant de cité terrestre est sans doute le monde tel qu'il va, avec ses institutions, son histoire, ses gouvernants, ses bonheurs et ses malheurs. Le IVe siècle avait été marqué par la pensée d'Eusèbe de Césarée qui avait comparé l'Empereur et le Christ, liant le Règne de Dieu sur terre au sort de l'Empire[6]. En cette fin de première partie, Augustin continue sa réfutation du culte des anges et développe l'idée de culte rendu au seul vrai Dieu. À divers occasions, Augustin montre la présence de la Trinité dans le récit de la création et d'autres passages de l'Ancien Testament. Mais, au contraire, ce à quoi l’on assiste dans ces livres, c’est, à l’occasion d’un trouble politique, l’éclosion du concept de Cité de Dieu, transcendante à toute cité en marche même chrétienne dans une histoire transcendante à toute histoire. On peut la remettre en perspective avec le contexte de conversion progressif et parfois massif de nations païennes au christianisme. 27 Voir Étienne Gilson, Les Métamorphoses de la Cité de Dieu, Paris, Vrin, 1952. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. . 10Au terme de ce premier temps de l’examen, on pourrait donc dire que La Cité de Dieu de Saint Augustin constitue, en effet, un essai d’histoire identitaire en réponse à un trouble politique puisque le point de départ de l’œuvre est bien l’immense trouble politique causé par le Sac de Rome le 24 août 410, objet du livre I, que les vingt et un autres livres ne semblent qu’une réponse à ce trouble et que cette réponse passe par une déconstruction de l’identité du paganisme au profit d’une construction identitaire chrétienne permettant de lire l’histoire, sous la seule autorité des Écritures chrétiennes, comme la mise à part d’une communauté triomphant dans l’Église. Les deux cités luttent entre elles, mais elles sont appelées à vivre dans la concorde. Il en rédige le premier livre en 413 et en termine le dernier en 426. 8 Voir André Piganiol, Le Sac de Rome, Paris, Albin Michel, 19641, 19722, p. 60-70. Les écrits antérieurs montrent qu'il en avait longtemps mûri le projet. Le thème de la justice divine est approfondi : Jésus-Christ en sa première venue s’est laissé juger de façon injuste par les hommes, et reviendra au Jugement dernier les juger, étant sauvés ceux qui auront embrassé la foi chrétienne. Aussi ne l’avancent-ils sur le rapport d’aucun témoignage historique, mais sur des conjectures et des raisonnements, parce que, disent-ils, la Terre étant ronde, est suspendue entre les deux côtés de la voûte céleste, la partie qui est sous nos pieds, placée dans les mêmes conditions de température, ne peut pas être sans habitants. S'intéressant ensuite aux détails donnés dans les généalogies bibliques sur la descendance d'Adam, il fait quelques digressions sur les questions de la durée de la vie humaine et de la procréation. Augustin tient visiblement à l’équilibre de ces trois moments de l’histoire universelle6 puisque, sur les douze livres de la seconde partie, il consacre quatre livres à l’origine de ces deux cités dans le monde angélique et dans la naissance de l’être humain (ce sont les livres XI à XIV), quatre autres livres au développement de ces deux cités dans l’histoire humaine (ce sont les livres XV à XVIII) et les quatre derniers livres aux fins des deux cités révélées par le Jugement Dernier et s’ouvrant sur l’éternité (ce sont les livres XIX à XXII). Bien sûr des formules latines du type « ciuitas Dei siue ecclesia » ou « ciuitas Dei id est ecclesia », lues dans La Cité de Dieu29 pourraient faire croire à une adéquation et à une identification de la Cité de Dieu à l’Église visible. De la même façon, l’édition récente des cinq Sermons d’Augustin sur la Chute de Rome dans la Nouvelle Bibliothèque Augustinienne20 souligne le souci d’Augustin de relativiser l’événement en le replaçant dans une histoire non pas simplement plus longue mais plus haute, pourrait-on dire. Les réactions de Jérôme et d’Augustin », Revue des Études Augustiniennes, n° 36, 1990, p. 120-146. Augustin cite à l’appui un très grand nombre de miracles qu’il a vus ou dont il a entendu parler, obtenus par l’intercession des martyrs qui ont cru jusqu’à la mort à la résurrection du Christ. 15 Voir Goulven Madec, « Le livre X du De ciuitate Dei : le sacrifice des Chrétiens », Lettura del De ciuitate Dei di Agostino d’Ippona. La cité de Dieu se rapporte à la sagesse, à la Paix, au culte unique de Dieu, aux saints du ciel, à l'Église, à la providence divine, à la justice là où elle est pratiquée, mais en même temps, la cité de Dieu n'est jamais dite entièrement dans une seule des choses qu'elle peut désigner. 17 Jean Doignon, « Oracles, prophéties, “on-dit” sur la chute de Rome (394-410). Il voit dans le rapport entre ces deux frères les premiers développements de la confrontation entre cité terrestre et cité céleste. D’ailleurs, comme aime à le répéter Augustin, ce n’est pas l’Empereur qui fait d’un Empire un Empire chrétien pas plus que ce ne sont les murs qui font la Cité mais les mœurs c’est-à-dire la conversion spirituelle et profonde de chacun des citoyens. Il réclame que l'on joigne aux questions sur la vérité des événements une recherche de leur signification allégorique (XV, 27). 19 Selon les historiens contemporains de l’événement, l’interprétation diverge beaucoup sur ce qui s’est passé ce 24 août 410 à Rome et sur son importance. Il étudie donc le temps en relation avec Dieu. La force de La Cité de Dieu consiste à proposer un principe pour comprendre des événements inédits. Puisque même ceux-là qui veulent la guerre ne veulent rien d’autre assurément que la victoire, c’est donc à une … Certains, en effet, parlent de trois jours de mise à sac et de pillage alors que d’autres minimisent ; ainsi ne trouverait-on que quelques traces d’incendie et l’historien Orose en fait un non-événement : « nihil factum !7 ». La résurrection, « la cité de Dieu ne confère à ses ressortissants ni extraterritorialité, ni immunité diplomatique, pas même, pour garder l'analogie, la double nationalité », « pour la primauté de l'amour de Dieu ou de l'amour de soi », « essai d'interprétation de l'histoire de l'humanité dans son ensemble », « Rien ne distingue plus radicalement les masses modernes de celles des siècles passés que la perte de la foi en un Jugement dernier. AccueilNuméros11Fictions de l’identitéLa Cité de Dieu de Saint Augustin... À première vue, La Cité de Dieu de Saint Augustin semble bien être une histoire identitaire en réponse à un trouble politique puisque, en réponse au Sac de Rome de 410, elle déconstruit le système politico-religieux du paganisme pour lui substituer l’Auctoritas des Écritures chrétiennes à partir desquelles elle relit toute l’histoire universelle. Il dénonce aussi les guerres fratricides (guerre entre Albe et Rome) et la glorification de leurs crimes par les Romains. -- 1465-1475 -- manuscrits Et l’on retrouve cette même tendance à relativiser l’ampleur du drame dans la présentation plus récente qu’en fait Serge Lancel dans sa récente biographie d’Augustin9. Mais, pour ne pas être exposé au reproche de nous être borné à réfuter les doctrines de nos adversaires et de n’avoir pas établi les nôtres, la seconde partie de l'ouvrage, qui contient douze livres (11-22), s’occupe de cette matière. La cité céleste est autonome par rapport à la cité terrestre mais elle n'y est pas indifférente. 10 Jérôme, Epistula ad Principiam uirginem (= Ep. LA CITÉ DE DIEU DE SAINT AUGUSTIN TRADUITE PAR RAOUL DE PRESLES (1371-1375) Livres VI à X. Édition du manuscrit BnF, fr. , Roma, Institutum Patristicum Augustinianum (coll. présentation de Jean-Claude Eslin dans l'édition Sagesses. Les livres I à X sont une entreprise de liquidation du paganisme religieux et culturel ; Augustin y réfute les thèses des païens, pour qui tout le bien procédait de l'observance des cultes anciens, et tout le mal de leur abandon. Libri I-X, Lectio Augustini XV-XVI-XVII. (p. 405). La "Cité de Dieu" est, selon l'opinion universelle, l'oeuvre qui exprime le mieux la personnalité multiple d' Augustin, à la fois exégète, psychologue et théologien. Augustin reprend l’histoire du peuple d’Israël et en tire un enseignement sur les deux cités : Israël selon la chair et l’Israël spirituel, qui désigne l’Église. Cela remet aussi en valeur le libre-arbitre. En 404, il formule pour la première fois la thèse des deux cités fondées sur deux amours et mêlées jusqu'au jugement final dans deux écrits contemporains que sont La catéchèse des débutants et le Commentaire sur la Genèse.

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